Date de sortie : Avril 2009 (Arcade), Aout 2009 (Consoles)
Supports : Arcade, PS3, XBOX 360

 

Les équipes / Les personnages :

Ash Crimson, Shen Woo, Duolon, Kyo Kusanagi, Benimaru Nikaido, Goro Daimon, Terry Bogard, Andy Bogard, Joe Higashi, Kim KapHwan, Raiden, Athena Asamiya, Sie Kensou, Chin Gentsai, Ryo Sakazaki, Robert Garcia, Ralf Jones, Clark Steel, Leona, Iori Yagami, Mature (exclu console), Elizabeth Branctorche (exclu console).





Persos cachés: /

Demi-Boss: /

Boss: / (?!!!!!!!)

L'histoire :

/

Le jeu :

En tant que bon fan de ma saga fétiche, j'ai parcouru inlassablement les forums, tentant d'analyser chaque bribe d'information ou demi-interview de programmeur durant les quatre longues années qu'a duré le développement du fameux King of Fighters XII. Et pour cause, la crème de la baston 2D faisait enfin peau neuve pour s'adapter à la concurrence et aux nouvelles technologies. Exit donc les sprites Neo Geo au charme indéniable qui ont parcouru efficacement la grosse dizaine de préquelles estampillées KoF. Place aux personnages entièrement redessinés à la main, à la taille imposante, pour ce qui est un véritable travail d'orfèvre. Plusieurs mois étant nécessaires pour la création d'un seul protagoniste et ses multiples étapes d'animation, on peut comprendre que le temps de développement a été cette fois-ci beaucoup plus long. Mais au final, ce qui importe le joueur, c'est de savoir si cette attente en valait la peine et si la tuerie annoncée (puisque SNK Playmore avait ni plus ni moins proclamé que son soft phare serait le meilleur jeu de baston 2D de tous les temps) tient toutes ses promesses?

Autant le dire tout de suite, la déception est à la hauteur de l'attente, c'est-à-dire ENORME.

En effet, les défauts majeurs du jeu se comptent sur les doigts d'un alien à cinq bras, à tel point que l'on ne sait par où commencer.
Mais attaquons par le contenu et les oublis aberrants d'SNK Playmore, détails auxquels on ne fait habituellement pas attention car présents dans tout jeu de baston qui se respecte mais qui pointent ici aux abonnés absents: en premier lieu, il n'y a aucune histoire (bon, ce n'est pas indispensable mais quand même... surtout que King of Fighters possède un univers riche et que l'épisode précédent s'achevait sur un suspense concernant la fin de l'arc d'Ash) donc aucune fin et pour la première fois depuis je ne sais combien de temps, aucun boss final (le mode arcade est donc un time trial du pauvre dans lequel il faut enchainer au plus vite cinq combats), rien à débloquer, j'en passe et des bien pires encore.

En effet, la longue liste des défauts ne s'arrête pas là car en plus de proposer un des pires modes online du moment (amélioré cependant depuis par un patch), on a la désagréable surprise de constater que l'intelligence artificielle du soft est à la ramasse. Le personnage contrôlé par l'ordinateur effectuera donc régulièrement des actions en dépit du bon sens. Le mode solo, déjà privé de boss et d'histoire, ne présente donc aucun intérêt vu le manque de challenge flagrant. Online foireux, solo limité ? Il n'y a plus qu'à prier pour un versus local en béton armé.
Là encore, le dieu de la baston 2D ne nous a pas totalement écoutés. Car si il faut reconnaître au soft un gameplay punchy et un plaisir de jeu somme toute présent, force est de reconnaître que certains choix sont difficiles à avaler. En premier lieu, évoquons le roster. 22 personnages, c'est peu, surtout pour un King of Fighters et cela peut même paraître risible en comparaison de la bonne soixantaine de son cousin KOF 2002 Unlimited Match sorti environ à la même période. Cependant, ce chiffre a priori faible peut s'expliquer par une refonte totale du jeu. Certes. Mais dans ce cas, il ne faut pas se planter avec les protagonistes méticuleusement sélectionnés. Et de ce point de vue là, ce n'est pas la panacée non plus. Premier constat étonnant : aucun nouveau personnage. Enfin, il y a bien une nouvelle arrivée dans l'univers KoF, en la personne de Raiden mais il s'agit d'une figure bien connue des aficionados de Fatal Fury. Ensuite, la présence de certains (Elisabeth, Chin, Goro, Kensou, Duo Lon ou même Raiden) est pour le moins discutable, surtout quand on constate l'absence impardonnable de figures emblématiques (Mai, K', King…) ou de personnages beaucoup plus charismatiques et/ou agréables à jouer (Yamazaki, Vanessa, Yashiro, Shermie, Vice, Billy, Gato, Lin ou Oswald entre autres). Les mauvaises surprises ne s'arrêtent pas là car certains protagonistes se sont vus massacrés, que ce soit au niveau de la palette de coups honteusement tronquée (Iori, Chin, Mature notamment) ou du design (Athena semblant tout droit sortir d'un Arcana Heart). Voire les deux (mon Dieu, les pauvres Ralf et Clark ont fait une grosse cure de hamburgers et ont oublié plus de la moitié de leurs anciennes attaques, non remplacées).

D'un point de vue technique, le jeu ne fera pas l'unanimité. La faute à des pixels franchement visibles au niveau des personnages, qui contrastent avec les décors très nets. Si les puristes qui ont grandi avec les pixels ne seront pas gênés et y trouveront même un charme, une patte, les plus jeunes risquent de grincer des dents (malheureusement déjà bien usées par les défauts cités plus haut). Néanmoins, la réalisation est de qualité, le jeu bouge bien, les sprites sont énormes et les couleurs flashy. Les décors sont réussis, bien animés et fourmillent de détails en tout genre. Les mauvaises langues pourront, à juste titre, répliquer qu'avec cinq décors et demi, c'est la moindre des choses.

Alors ce King of Fighters nouveau est-il donc bon à rejoindre la caste peu prisée des daubes intergalactiques ?
Non, fort heureusement. Malgré la somme incroyable de défauts pré-cités, on arrive à s'amuser sans problème avec le soft. Une animation solide, un rythme nerveux et quelques nouveautés de gameplay bien senties sont là pour assurer le spectacle. Concernant ces dernières, citons d'abord le " Guard Attack ", technique qui consiste à anticiper un coup adverse en plaçant une contre-attaque (en pressant au moment opportun arrière + pied et poing forts). Vient ensuite le " Sousai " qui se traduit par une gerbe lumineuse lorsque deux coups de même puissance entrent en collision. Avec de la pratique, cette technique peut être pratique pour annuler un coup spécial de son opposant sans perdre d'énergie. Enfin, n'omettons pas le jouissif " Critical Counter ". Difficile à placer, il consiste à écraser l'attaque d'un adversaire qui se retrouve à notre merci pendant quelques secondes durant lesquelles il est possible d'enchaîner un maximum de coups.

Vous l'aurez compris, The King of Fighters XII possède un gameplay riche et intéressant. Malheureusement, si cet élément fait généralement la différence entre un grand jeu de combat et un moyen, nous sommes confrontés dans le cas présent à une telle foule de défaillance qu'on finit par ne voir que ces dernières.
Bien sûr, on sent le travail effectué par les développeurs et toutes leurs bonnes intentions. Contrairement à Capcom, SNK Playmore a décidé de rester fidèle à la 2D et on ne peut que saluer cette initiative. Le manque de temps et de moyens est criant et il est dommage d'avoir affaire à un jeu non fini car le potentiel est bel et bien réel. Tout ceci laisse présager une suite dantesque, si les programmeurs tiennent enfin leurs promesses et corrigent les nombreuses tares de cet épisode.
The King Of Fighters II aurait pu être un très grand jeu mais c'est au mieux une démo intéressante de KoF XIII et au pire un énorme gâchis forcément frustrant pour les fans.


Les + :
* The King of Fighters est de retour !
* Des sprites énormes !
* Une bonne animation.
* Un gameplay intéressant.


Les - :
* Roster décevant.
* Absence de personnages emblématiques.
* Palettes de coups tronquées !
* Design de certains protagonistes complètement raté.
* 5 décors.
* Pas d'histoire, pas de fin, pas de boss.
* L'IA de l'ordinateur.
* Online faiblard.
* Les pixels très voyants.
* Un énorme sentiment de gâchis.

Screenshots :